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NOUS CONSOMMONS TROP DE CALMANTS ET D’ANTIDÉPRESSEURS

TROP DE CONSOMMATION DES CALMANTS ET D’ANTIDÉPRESSEURS

Les Belges comptent parmi les plus gros consommateurs de psychotropes,en tête au hit-parade des médicaments les plus utilisés dans notre pays. Responsable de recherche au Service Promotion de la Santé, Martin Biernaux tire la sonnette d’alarme.

Paris Match. Les Belges consomment trop de médicaments. Pourquoi ?

Martin Biernaux. Le médicament a changé de statut. Il est passé d’un objet strictement médical à un produit de consommation, une marchandise. Le recours aux médicaments dans nos sociétés occidentales suit des logiques qui vont au-delà du seul champ médical, qu’elles soient économiques, cosmétiques ou encore idéologiques. Celles-ci sous-tendent un phénomène plus large qui est celui-de la médicalisation de l’existence : des problèmes non médicaux – principalement sociaux – ou bien certains aspects de notre vie sont définis et traités comme des problèmes médicaux, voire des maladies. Des spécialistes évoquent à titre d’exemples la « polymédication » des personnes âgées, la gestion de l’hyperactivité et des troubles de l’attention ou encore la gestion des addictions.

Comment contrôler ce niveau élevé de consommation ?

Il est important de comprendre les causes de la médicalisation si nous voulons agir efficacement contre la consommation inappropriée de certains médicaments au détriment d’approches plus préventives. Attention, nous ne disons pas qu’il faut arrêter de prendre des médicaments ! Ceux-ci ont permis et permettent encore d’améliorer le niveau de santé global et l’espérance de vie. Cependant, le niveau élevé de consommation signifie, dans certains cas, des usages non pertinents qui ont des impacts néfastes sur la santé, sur l’environnement et sur les dépenses privées et publiques.

Qui visez-vous ?

Les médecins ne sont pas les seuls acteurs de cette médicalisation. Les firmes pharmaceutiques jouent un rôle très important dans ce processus. Exemple : des découvertes de molécules efficaces pour certains comportements jugés gênants se font souvent par hasard.Dans ces cas-là, on peut dire que le médicament précède la maladie et que l’on participe à la banalisation de sa consommation. Ce qui non seulement soulève des questions éthiques, mais aboutit concrètement à une « consommation-réflexe » du médicament.

N’est-elle pas le reflet de notre société ?

Absolument. Celle-ci dévalorise le corps usé, la faiblesse, le manque de contrôle de soi et l’exclusion du monde productif. Et le médicament occupe donc une place de choix parmi les moyens d’y faire face. Le lien apparaît évident pour les psychotropes. Dans un contexte de pression liée à la compétition et à l’obligation de performance, le recours aux calmants, somnifères ou antidépresseurs peut être vu comme un moyen de rester dans la course. Comme ils craignent de perdre leur emploi ou bien pour d’autres raisons comme des problèmes financiers qui les obligent à travailler, certains patients ont peur d’être en congé maladie trop longtemps. Donc, au lieu de prendre le temps de se reposer pour guérir, ils préfèrent consommer des médicaments.

En conclusion ?

L’étude du médicament comme phénomène social et culturel amène à nous questionner sur notre rapport au temps, à la souffrance, à la vieillesse, sur l’évolution des liens sociaux et sur nos conditions de travail et d’existence. Nous devons réfléchir à nos politiques de santé. Dans le contexte de ressources limitées qui est le nôtre, nos dépenses sont loin de faire la part belle aux domaines qui, eux aussi, participent à la santé, comme la prévention et la promotion de celle-ci. Or, en agissant en amont pour une meilleure santé de la population, ils diminuent de facto la consommation de médicaments.

Par Philippe Fievet – Paris Match en collaboration avec les mutualités Solidaris – Parution 03/03/2016

LA MYOPIE – NOS YEUX ABÎMÉS PAR LES ÉCRANS

Le Dr Vincent W. Matar, ophtalmologue à la Clinique André Renard d’Herstal, dresse un constat interpellant sur la toxicité des écrans qui entourent notre vie quotidienne.

​Des études internationales mettent en lumière une progression de la myopie, en Belgique comme dans le monde. La faute à l’utilisation intensive et conjuguée des écrans d’ordinateur, de télévision et de téléphone ?

La myopie est un caractère héréditaire. Néanmoins, les gênes n’expliquent pas tout. De nombreux facteurs environnementaux semblent jouer un rôle dans le développement de ce défaut réfractif. Par exemple, un manque d’exposition à de fortes intensités lumineuses produites par le soleil (la lumière naturelle). Bien entendu, ceci ne voudrait pas dire qu’il faut sortir et regarder le soleil pour prévenir le développement de la myopie ! En fait, la lumière naturelle stimule les photorécepteurs de nos rétines à produire la dopamine, un neurotransmetteur dont la non-production jouerait un rôle, par un mécanisme encore inconnu, dans l’allongement de l’œil, donc dans sa myopisation. Notre mode de vie cloîtré, sollicitant une accommodation presque permanente, avec les yeux rivés sur les écrans des télévisions,
 des ordinateurs ou des téléphones portables, semble favoriser le développement de la myopie. Nous ne disposons pas de preuves scientifiques de la relation de cause à effet entre le temps passé devant l’écran et la myopisation de l’œil, surtout chez l’enfant. Mais un faisceau de preuves indirectes et spéculatives tendent à connecter ces deux éléments, et de nombreuses études incriminent le temps de plus en plus important passé devant un écran (télévision, ordinateur, téléphone portable, tablette…), en particulier par les enfants et adolescents.

Pouvez-vous développer ? 

Regarder un écran ne cause pas des lésions « directes » au niveau de l’œil. Néanmoins, un usage important des écrans diminue le clignement des yeux (normalement quinze fois par minutes) de tiers, voire de moitié. Ceci est valable aussi pour la lecture, l’écriture ou toute activité nécessitant une « concentration de près ». Ce qui provoque, à la longue, une sensation de sécheresse oculaire, de fatigue visuelle, de problèmes de mise au point (accommodation) et, éventuellement, des maux de tête. Le rythme circadien (le rythme biologique de l’être humain sur 24 heures) serait très perturbé par la lumière diffusée par les téléphones, tablettes ou écrans d’ordinateur, en induisant une suppression de la production de la mélatonine (hormone responsable du réglage 
du rythme circadien), ce qui joue un rôle extrêmement important dans la perturbation du sommeil. Ces constations sont valables pour tous types d’écrans, en particulier les écrans LED (diodes électroluminescentes) et, d’une façon plus générale, pour la lumière des ampoules de ce type. Les LED créent de la lumière blanche en combinant des lumières bleues et jaunes. La lumière bleue est déjà connue pour être un facteur de risque photochimique au sein de la rétine. Si l’on part du principe, suggéré par différentes études épidémiologiques, qu’une exposition rétinienne cumulée à la lumière solaire pourrait favoriser la survenue de lésions rétiniennes dégénératives au niveau de la macula (dégénérescence maculaire liée à l’âge, DMLA), on pourrait logiquement s’interroger sur les effets néfastes d’une exposition prolongée à la lumière de nos écrans.

Pourquoi les enfants sont-ils particulièrement exposés ? 

Nos enfants ont un cristallin transparent qui transmet à la rétine 60 % des irradiations bleues jusqu’à l’âge de 10 ans (40 % à l’âge de 30 ans). C’est la raison pour laquelle ils sont plus sensibles à l’effet délétère d’une exposition prolongée à la lumière des écrans. Ceci est aussi valable pour les patients aphaques (sans cristallin)
 ou pseudophaques (avec implants intraoculaires). Le problème, c’est que les écrans font également partie intégrante de leur vie quotidienne, que ce soit à domicile ou à l’école.

Par Philippe Fievet – Paris Match en collaboration avec les mutualités Solidaris – Parution 16/03/2017.

L’OSTÉOPOROSE

ostéoporose

L’ostéoporose

75 millions de personnes sont atteintes d’ostéoporose en Europe, aux Etats-Unis et au Japon. Selon l’O.M.S., il y a 3 119 000 fractures ostéoporotiques par année dans les pays développés, ce qui représente 34,8 % de toutes les fractures. La majorité des victimes concernées sont surtout des femmes et elles se retrouvent avec un handicap fonctionnel grave et définitif. L’ostéoporose est un facteur favorisant de la mortalité. L’ostéoporose ‘os poreux’ est une pathologie caractérisée par une déperdition du tissu osseux qui entraîne une fragilité du squelette; ce qui a pour conséquence d’augmenter le risque de fractures. La réduction de la masse osseuse commence à partir de la trentaine, c’est un phénomène physiologique. Les facteurs qui suscitent l’ostéoporose sont:
la ménopause, l’hérédité, le tabac, l’alcoolisme, la sédentarité, la consommation insuffisante d’aliments riches en calcium et en phosphore. Le vieillissement conduit à une diminution des sécrétions hormonales en particulier oestrogènes et androgènes ce qui réduit la capacité de fixation du calcium. Toutes les enquêtes actuelles nous montrent que la constitution d’un capital osseux de qualité débute dès l’enfance.

Le calcium confère aux os leur dureté, leur solidité. La résorption du calcium dans l’organisme ne peut s’effectuer qu’en présence de phosphore et de vitamine D (vitamine liposoluble). La vitamine D occupe un rôle dans l’atteinte et le maintien d’une DMO adéquate. La vitamine D régularise le taux de calcium dans le sang en favorisant l’absorption intestinale tout en réduisant son élimination dans les urines. A longue échéance, une carence en vitamine D conduit à une perte de masse osseuse qui fragilise les os. D’autres nutriments peuvent intervenir dans la santé osseuse comme: la vitamine
B 12, l’acide folique, la vitamine C, la vitamine K, le magnésium, le phosphore, le potassium et le zinc.
Les produits laitiers sont sous-consommés dans la population asiatique.

On retrouve principalement le calcium dans les produits laitiers (lait, yaourts, fromages), les légumes et les fruits en apportent également. La vitamine D se retrouve dans les produits riches en matière grasse comme les poissons gras, les oeufs, les margarines, le beurre,…

D’hoeraene Sophie, aide-soignante & diététicienne.

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