l'avenirCongrès du SETCa : Le travail de demain

Le thème central de notre congrès sera « le travail de demain ». Nous ne sommes pas les seuls à y penser. L’OIT (l’Organisation internationale du Travail) vient de publier elle aussi un épais rapport sur les perspectives socio-économiques à travers le monde. Ce rapport confirme notre analyse dans la perspective de notre 18ème congrès statutaire les 4, 5 et 6 mars prochains.

Le secteur des services et des soins, moteur de la création d’emploi

Sans surprise, le rapport affirme que dans les prochaines années, la plupart des emplois seront créés dans les secteurs privés des services, dans le non-marchand mais aussi dans les services publics. Il prévoit en revanche une stagnation pour l’emploi industriel.

Augmentation des emplois hautement qualifiés et impact sur les salaires et les inégalités

Selon le rapport de l’OIT, ce glissement de l’emploi génère d’importants changements au niveau des connaissances et compétences demandées par le marché du travail. Les emplois routiniers dans le segment intermédiaire du marché du travail peuvent être facilement automatisés. Toutes sortes de nouvelles possibilités technologiques accélèrent par ailleurs ce processus : robotisation dans l’industrie, traitement numérique des données dans les services administratifs, etc. Les travailleurs perdant leur emploi dans de telles circonstances devront s’approprier de nouvelles connaissances et compétences ou atterriront sur le marché des emplois peu qualifiés.
Le rapport de l’OIT souligne à juste titre qu’il y a une demande croissante en faveur d’emplois nécessitant un contact physique direct avec des clients ou des patients, comme pour les services personnels ou le secteur des soins. Il existe bien sûr d’importantes différences régionales : les emplois moyennement qualifiés disparaîtront plus rapidement dans les économies développées, comme chez nous, plutôt que dans les nouvelles économies encore en plein développement. Le rapport conclut à cet égard que la polarisation entre emplois hautement et peu qualifiés a un impact direct sur les revenus du travail.

L’augmentation du nombre d’emplois aux deux extrémités de l’échelle des compétences au détriment des emplois intermédiaires contribuera à accentuer les inégalités salariales. L’OIT ajoute par ailleurs que ces tendances mettent en exergue l’importance d’offrir aux travailleurs les possibilités de s’approprier les nouvelles technologies.

18ème congrès statutaire du SETCa





Ceci nous amène au thème central de notre congrès, qui se tiendra d’ici quelques semaines : comment pouvons-nous, comme syndicat, dessiner l’avenir avec nos membres et militants ? Car il est évident que cet avenir sera différent d’aujourd’hui. À côté des problèmes quotidiens que rencontrent les employé et les cadres (et auxquels nous prêterons bien sûr aussi l’attention voulue), nous devons également regarder en avant, développer une vision sur le travail de demain et préparer notre action syndicale en fonction. Les discussions battent leur plein dans nos sections.
Des questions fondamentales sont sur la table. Comment pouvons-nous avoir plus d’emprise sur l’organisation du travail ? La durée de travail ne doit-elle pas être réduite compte tenu de la productivité en hausse grâce aux nouvelles technologies ? Comment pouvons-nous avoir de l’emprise sur les investissements dans ces technologies ? Quelle action syndicale faut-il dans un environnement de travail de plus en plus fragmenté, où les décisions ne sont plus prises dans notre pays ? Plus encore qu’aujourd’hui, la mobilité et la formation devront faire partie de notre agenda syndical. Et il n’est pas question uniquement d’inégalités entre 1% et les 99 autres, les inégalités salariales s’accentuent aussi entre les travailleurs.
Les débats à propos de ces importants défis doivent engendrer de bonnes résolutions qui traceront la voie que nous, syndicats, emprunterons au cours des prochaines années.